Le rapport de l’OCAM est pour moi une tempête dans un verre d’eau…

 

 

Cette information a produit le même étonnement chez moi que si vous m’aviez dit que la coupe du monde avait lieu en Russie.
On sait depuis longtemps que beaucoup de choses échappent à la surveillance des pouvoirs institutionnels… C’est un marronnier qu’on enterre et déterre au gré des enjeux populaires et politiques. Le souci, c’est qu’on s’attaque toujours à la partie la plus visible, la plus mainstream : la mosquée. Forcément, c’est un peu plus visible qu’une toile et des bits… or les principales sources de radicalisme, les plus tentaculaires et les plus dangereuses, ne sont pas dans les mosquées mais sur internet.

Le Chat chinois

Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus fort ?

Le fait d’attirer l’attention sur ce problème spécifique permet, à mon sens, de montrer que l’on agit ; voire de créer l’illusion que l’on a la maîtrise potentielle sur ce qui se passe. Ce qui m’irrite là-dedans, c’est de refuser de considérer l’ensemble du problème qui lui, se passe ailleurs. En effet, certaines mosquées ont des méthodes discutables, sont gérées par des hommes à côté de leurs pompes quant à la société qui nous entoure, en partie aussi due aux financements étrangers, aux arrangements plus ou moins philosophiques avec l’Arabie Saoudite, … mais que faire semblant que le problème ne soit que là, nous fait perdre, encore une fois, certaines guerres d’avance.

Le centre islamique en lui-même, croyez-moi ou non, j’y ai passé 11 ans. 4h pendant 4 samedis/mois sur 10 mois pendant 11 ans. J’ai calculé, ça fait 1760 heures. J’ai peut-être été radicalisée à mon insu remarquez, peut-être même que ça se déclenchera comme un vilain virus – mais trêve de plaisanteries : nous sommes nombreux à être passés par ces bancs pour apprendre l’histoire, la géographie, la religion et la langue.

 

Le vrai souci, c’est ce nœud de problèmes déjà très présent sur le financement des mosquées, la formation des professeurs de religion islamique qui n’est pas tranchée du tout, la gestion de l’exécutif des musulmans. La sécurité, la surveillance des prêches, le profil des imams et des profs de religion… parfois aussi loin de la réalité qu’une fricadelle de la volaille – en fermant les yeux, on pourrait dire que c’est de la volaille aussi. Bref, autant de points qu’on ensable de peur de froisser la base électorale ou pire, d’ouvrir la boîte de Pandore. Personne n’a le courage politique de le faire jusqu’à présent. Et ne me dit pas que Théo Francken le fait. Il se contente de surfer de façon superficielle sur le populisme.

 

L’obscurité étant celle qui règle, cet environnement virant au populisme, au repli sur soi, à la méfiance de l’autre, au détricotage des liens qu’on a jadis tissés pour unir les peuples. La radicalisation est partout, on tend vers un retour rigoureux des nationalités, des frontières, et malheureusement de la pensée qui devient fort étroite. La chandelle, ce sont les actions citoyennes, du cru qui permettent d’avancer et de construire des centres qui travaillent sur le champ social, culturel et religieux à la fois, tel le centre culturel Al Hikma à Forest. Créé par des jeunes de 2ème et 3ème génération, très engagés dans la sphère culturelle et sociale, ils ont construit un centre, puis une école, au conseil de gestion mixte et ouverte. Ils ont une action de terrain concrète, propose des activités para-académiques, scoutisme, cours d’arabe etc. Un modèle d’accompagnement complet. Celui qui me sort encore un truc du genre “ils ont chez nous, ils n’ont qu’à s’adapter” ne mérite même pas le colérer, encore moins le mépris. Il n’y a qu’en Europe occidentale qu’on a encore rien compris aux modèles socio-économiques d’intégration des immigrés. Le diable n’apparaît qu’à celui qui le craint, dit-on.