L’opéra de Cavalleria Rusticana & Pagliacci

Si je vous dis que j’ai vécu mon premier opéra à 38 ans, vous me croyez?

Un large débat eu lieu avant : un collègue m’a affirmé qu’il préférait écouter l’opéra seul que d’y assister où là, il s’endormait systématiquement. Je me suis posée une autre question existentielle : si je suis habituée à écouter l’opéra Cavalleria Rusticana par la voix magique de l’unique Pavarotti, puis-je écouter cet opéra avant de m’y rendre? Un peu comme lire un livre avant de le voir au cinéma et vice et versa. Les émotions ne sont pas réversibles… Voyez-vous, je m’en pose des questions…

Petite info pratique, sachez que si vous arrivez en retard, vous ne pouvez entrer pendant le show mais vous pouvez assister à la première partie jusqu’à l’entracte dans une salle dotée d’un écran.

La magie, c’est qu’une fois arrivée à l’opéra, j’ai balayé toutes mes questions d’un revers de diva : le cerveau se tait et laisse éclore les sens. Si l’on avait pu zoomer sur mon visage, on aurait pu y retrouver toutes les émotions que l’on vit sans doute en une semaine : peur, tristesse, colère, joie, affectivité, bonheur, compassion, empathie, révolte. J’ai été ballotée entre toutes ces émotions et cela a tellement occupé mon intelligence corporelle et émotionnelle que j’ai réussi, fait rare, à faire taire le débat cérébral. Un sacré défi qu’avait à relever cet opéra.

A propos de cet opéra : un dyptique de 2 opéras déjà joué à Londres, à New York.  La spécificité de cet opéra réside dans la mise en abîme d’un opéra dans un opéra où les acteurs créent la confusion entre ce qui est joué et ce qui est réel (d’une furieuse actualité), une histoire de jalousie, d’honneur et de meurtres. Une belle histoire sicilienne, somme toute.

Connaissant par coeur l’opéra de Cavalleria Rusticana en fan absolue de la saga The Godfather (j’ai du voir chaque épisode à peu près 159 fois, connaissant chaque son, chaque image et chaque réplique par coeur), j’ai pu aisément me concentrer sur l’interprétation, très engagée et bien plus poétique (la version du film est très dramatique). Ayant très peu de familiarités avec Pagliacci, j’ai pu me laisser complètement transporter par la dramaturgie et l’histoire.

D’ailleurs, un débat fait rage : faut-il des sous-titres pour suivre l’histoire. Eut-égard Eu égard à mon récit, qu’en pensez-vous?